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Focus: Les entreprises s'organisent
Source : Frat-Mat n° 13579 du Vendredi 12 Février 2010

Après une semaine "d'étourdissement", les entreprises retrouvent peu à peu leurs esprits, pour attaquer de front, le problème des coupures d'électricité. Presque toutes les réunions de services, de direction ou d'association du début de semaine, ont inscrit en bonne place, la question du délestage. C'est le cas de l'Association des professionnels de banques et établissements financiers de Côte d'Ivoire dont les membres se sont réunis lundi après-midi. Bien avant elle, c'est la Fédération nationale des associations des consommateurs de Côte d'Ivoire (Fac-Ci) qui donnait le ton. Dans une déclaration faite le 5 février, elle rappelait le contrat qui lie les clients à la Compagnie ivoirienne d'électricité (Cie). "La Fac-ci exige donc de la Cie le respect de ses obligations contractuelles, à savoir la fourniture continue d'électricité à ses clients au risque de s'exposer à des poursuites judiciaires". C'est clair, cette situation est source de beaucoup de désagréments. Lundi matin, à la mairie de Grand-Bassam, le sujet n'est pas passé inaperçu. Le responsable de la communication, Sylvain Namoya, déplore que le programme des coupures annoncé ne soit pas respecté. "Au moins, on pourrait prendre nos dispositions, mais hélas signifie-t-il. La mairie enregistre déjà ses premiers dégâts. Plusieurs appareils, en majorité des climatiseurs, sont hors service. Cependant, l'administration n'entend pas croiser les bras. Pour elle, les responsabilités doivent être situées. "Le grand patron a demandé qu'on saisisse un huissier pour venir constater les faits", confie M. Namoya. S'ils ne sont pas encore à ce stade de la situation, les employés de la Société ivoirienne de banque (Sib) n'en sont pas moins affectés. Le directeur général adjoint, Daouda Coulibaly, le confirme. "Le confort de travail n'est plus évident, car la climatisation est défaillante, tout comme les ascenseurs ". C'est que la banque se contente de maintenir tout juste la qualité de ses prestations vis-à-vis de ses clients. A l'aide d'un groupe électrogène, d'un onduleur et d'un stabilisateur, qui ne prennent en compte que les machines et principalement, le serveur. D'ailleurs, ajoute M. Coulibaly, toutes les agences de la Sib disposent de ce minimum d'équipements pour assurer le service. Il ne cache pas que cela engendre des coûts supplémentaires de fonctionnement, dont il ne dispose pas des données exactes. A la Caisse d'épargne, la spécialiste en marketing et communication commerciale, Lucie Nathalie Barte Toufé avance, sous réserve de sa hiérarchie, qu'il est prévu d'équiper de groupes électrogènes les agences de leur réseau. Mais, ajoute-t-elle immédiatement, "c'est un plan qui a été défini préalablement, bien avant le délestage". Certaines agences en ont déjà. Comme l'agence principale. La Caisse enregistrant 162 agences. Dans une imprimerie en zone 4, les livraisons se font désormais en retard. Les établissements hôteliers aussi font les frais du délestage. A Bingerville, à l'hôtel du quartier Paris village, l'on reconnaît que les clients se sont beaucoup plaints des coupures, le week-end dernier. Toutefois, notre interlocuteur souligne que le taux de fréquentation est régulier. Les autres établissements de loisir, et d'affaires sont pour la plupart équipés d'un groupe électrogène. A la Société ivoirienne de raffinage (Sir), la réalité est tout autre. Délestage? "Connaît pas ". Le responsable de la communication, Karamoko Tahirou, rassure : "La Sir produit elle-même sa propre électricité, on a une centrale de production, et elle nous rend autosuffisante". Cette société n'utilise même pas toutes ses capacités productives en la matière. Au point que la Sir dispose d'une production tampon. Elle a un couplage avec la Cie en cas d'extrême besoin. D'ailleurs, la raffinerie a été sollicitée récemment pour vendre de l'électricité à la Cie. Et ce n'est pas la première fois. Dans les années 80, la Sir avait également été appelée à la rescousse, lors d'un délestage. Au demeurant, la crise de l'électricité pourrait donner des idées. C'est pourquoi, une dame, au détour d'une conversation, souhaite que ce délestage ne soit par un prétexte donné involontairement aux conjoints...indélicats. Sans commentaire.

Adama Koné, Frat-Mat n° 13579 du 12 février 2010.

Adama Koné